Les dimanches à 9h00, à la Basilique de Saint-Maurice, en direct sur Espace 2.
- 10 février 2013 Homélie du chanoine Jean-Claude Crivelli
- 16 juin 2013 – Messe télévisée en direct de Vevey
- 22 septembre 2013 – Vêpres de la Saint-Maurice
Les dimanches à 9h00, à la Basilique de Saint-Maurice, en direct sur Espace 2.
C’est la fin de sa vie. Bach est un vieux monsieur. Il n’est plus à la page, la musique est ailleurs : elle préfère le pianoforte au clavecin, l’expression exacerbée des sentiments à la rigueur bien ordonnée du contrepoint. Bach le sait bien, il vit ce dilemme sous son propre toit, avec son aîné, son fils préféré, Wilhelm Friedemann, qui tourne le dos aux fugues sérieuses de papa pour briller de cour en cour et de tribune en tribune avec ses « fantaisies » virtuoses et ensorcelantes.
Alors le vieux Bach, qui a abandonné ses fonctions de cantor et n’est donc plus astreint à produire des kilomètres de musique liturgique utilitaire (mais l’utilitaire, chez Bach, c’est du génie au quotidien !), se retire dans son monde à lui. Il est dans cette période de sa vie, les cinq dernières années (1745-1750), où, comme le dit joliment son premier biographe, « il ne pouvait toucher une plume sans produire un chef-d’œuvre ». Lui qui a presque perdu la vue se met à explorer plus profondément encore son monde intérieur. Il entre dans une autre dimension. Sa musique, essentiellement instrumentale, devient spéculative, absolue, universelle – de la musique à l’état pur. Et il rassemble des « sommes musicales » qui viennent parachever une œuvre déjà riche : ainsi l’Art de la fugue, l’Offrande musicale et la Messe en si mineur.
Nous sommes en 1749, ou un peu avant. Dans une année, Bach sera mort, foudroyé par une attaque d’apoplexie probablement consécutive à l’opération ratée de la cataracte, qui le laissera aveugle. Bach a déjà composé plusieurs messes en latin, telles que la liturgie luthérienne les autorisait pour les fêtes. Mais il veut laisser une messe qui surpasse toutes les autres, la plus belle des messes. Et pour cela, il va puiser dans ses archives des mouvements existants, composés en 1724 (« Sanctus »/« Pleni sunt coeli ») et en 1733 (« Kyrie », « Gloria »). Pour le reste, il va « parodier » (c’est-à-dire arranger) des mouvements instrumentaux et en faire des airs et des parties chorales. Enfin il va composer ce qu’il manque.
Ainsi est née cette messe, représentation idéale de la messe en musique, fruit d’un assemblage de ce que Bach considère comme le meilleur de lui-même ! C’est pour cela que, à juste titre, la Messe en si est considérée comme un sommet absolu.
Recréer en concert une œuvre aussi dense, aussi longue (deux heures et quart de musique), aussi chargée en symbolismes et en significations théologiques, aussi enregistrée également… c’est prendre des risques. Qui sommes-nous pour nous attaquer à une telle montagne ? La démarche est osée, mais l’apprentissage et le mûrissement de ces pages au fil des heures de répétition et, aujourd’hui, l’émotion de partager cette musique exceptionnelle et tout notre travail avec vous, tout cela constitue un des plus beaux cadeaux d’anniversaire que nous puissions imaginer.
Cinquante ans déjà que l’Ensemble vocal de Saint-Maurice arpente les terres de la musique sacrée et anime les messes radiodiffusées et les offices à l’Abbaye de Saint-Maurice. Associer Bach et la Messe en si à ce jubilé est un honneur, une fierté et une joie sans mesure. C’est aussi une formidable motivation à continuer l’aventure de nombreuses années encore… avec vous, fidèle public, à nos côtés !
Pascal Crittin, directeur artistique de l’EVSM
Pascal Crittin, directeur artistique de l’Ensemble vocal de Saint-Maurice, a donné une conférence publique à la Grande salle du Théâtre du Martolet, sur le thème de la Messe en si de Bach.
Cinquante ans que Saint-Maurice donne de la voix (246 Ko)Les dimanches à 9h00, à la Basilique de Saint-Maurice, en direct sur Espace 2.
Gioachino RossiniLa petite messe solennelle
Programme à télécharger (2.9 Mo)
Les dimanches à 9h00, à la Basilique de Saint-Maurice, en direct sur Espace 2.
Programme à télécharger (506 Ko)
Vous n’allez pas en croire vos oreilles !
Dans le catalogue de l’Ensemble vocal de Saint-Maurice, entre Bach et Beethoven, voici désormais les Beatles ! Pour nous, la musique n’a pas de frontières. Et les tubes des Beatles arrangés pour les célébrissimes Swingle Singers sont des chefs-d’œuvre d’écriture chorale. Alors pas de raison de s’en priver et de déserter cet univers-là.
Ce fabuleux projet est né d’une sorte de défi, lancé par le chœur de Haute-Nendaz en Valais, organisateur du festival choral de sa région. L’invitation à donner le concert de gala de ce festival comportait une condition : un programme autour des Beatles.
Il n’en fallait pas plus pour réveiller chez le chef de l’EVSM une secrète envie : celle de monter une fois un spectacle avec les arrangements des Swingle Singers. Tope là ! Et ce fut le grand saut dans un monde de pop et de rock, de percussions vocales, d’accords jazzy… et de textes psychédéliques. Ça change du quotidien !
Un printemps de répétitions exigeantes mais très amusantes aussi. Et on se réjouit aujourd’hui de partager le fruit de notre travail et de notre enthousiasme.
Après les Fab Four, les Fab Forty ?
Pascal Crittin
« L’humanité, combien de divisions ? » pourrait-on se demander, en paraphrasant Staline.
En ces temps de troubles et de guerre dans les pays arabes, notre projet musical trouve une actualité inattendue. Le besoin irrépressible de liberté d’un côté, la soif de pouvoir de l’autre : l’homme continue aujourd’hui une tradition millénaire, celle de la guerre, dont il n’a décidément rien appris malgré les épouvantables carnages qu’elle lui a fait commettre. Et ces crimes inouïs du XXe siècle : ceux perpétrés contre l’humanité, ceux qui visent carrément à supprimer une population ou une race de la surface de la terre.
En nous réunissant tous ensemble, les chœurs de Saint-Maurice, et en accueillant le chœur du Collège de Fót (Hongrie), nous avions souhaité vous faire découvrir cette œuvre originale – et peut-être surprenante pour un concert de la Passion. Mais le Christ n’est-il pas mort sur la croix et ressuscité pour sauver tous les hommes, y compris les plus cruels, lui qui est venu apporter la paix, lui que les hommes n’ont pas voulu écouter ?
A nous, à travers la méditation du mystère de la Passion et de la Résurrection, de prendre le relais de ce message de paix et d’espérance.
Karl Jenkins a composé ici une musique poignante et illustrative. Un film accompagne toute l’œuvre, avec des images vues à la télévision. Ici, elles prennent une dimension supplémentaire : ainsi par exemple les images d’Hiroshima et des corps brûlés, sur le poème de Toge Sankichi, ce jeune poète lui-même irradié par la bombe et mort quelques années plus tard, à 36 ans.
Le thème de « l’homme armé » encadre l’œuvre. Il s’agit d’une mélodie médiévale dont l’origine et la destination ne sont pas certaines : probablement un chant d’appel à la croisade. Avec habileté, à la fin de l’œuvre, Jenkins modifie le thème en majeur, en proclamant que la paix vaut mieux que la guerre, et que celle-ci ne doit plus jamais exister.
L’œuvre, commandée par les Armureries royales britanniques pour leur millénaire, a été écrite en pleine guerre du Kosovo. Elle est dédiée aux morts de ce conflit. C’est pourquoi le compositeur a ajouté un « appel à la prière » musulman. Pour signifier aussi qu’au-delà des différences les religions veulent toutes ensemble proclamer la paix sur terre.
Pascal Crittin
The Armed Man de Karl Jenkins
Programme à télécharger (2.1 Mo)
Programme à télécharger (1.2 Mo)